Mobile, fibre, Hadopi… : la feuille de route de Free pour les deux prochaines années

24 mars 2010

L’opérateur se dit aujourd’hui prêt à accélérer le mouvement dans les déploiements verticaux de fibre optique FTTH tandis qu’il prévoit de lancer ses premières offres mobiles début 2012. Ces deux chantiers colossaux seront autofinancés.

Fort de son « modèle économique vertueux », Iliad-Free se dit prêt pour ses deux chantiers majeurs que sont la fibre optique et la mobilité, deux chantiers qui exigeront au bas mot deux milliards d’euros d’investissements.

Lors de la présentation de ses résultats 2009, le groupe a tenu à faire le point sur sa feuille de route, ses objectifs et sa stratégie, soulignant que le FTTH et le Mobile seraient ses deux nouveaux moteurs de croissance avec l’ADSL et les services à valeur ajoutée.

-Fibre optique : « une montée en puissance effective »

Le groupe explique d’abord qu’il est parfaitement satisfait du cadre réglementaire du régulateur et confirme la disponibilité des offres d’accès de gros pour la mutualisation dans les immeubles des zones denses.

« Plus rien ne retient les déploiements horizontaux », affirme Maxime Lombardini, directeur général d’Iliad. « Dès cette année, à partir du second semestre, nous entendons convertir déploiements en abonnements et en 2011 auront lieu les déploiements massifs », ajoute le dg qui précise que l’offre FTTH de Free compte à ce jour « quelques milliers » d’abonnés.

Iliad investira cette année 200 millions d’euros dans la fibre contre 134 millions l’an passé et 80 millions en 2008. L’ensemble sera autofinancé grâce à la trésorerie du groupe. Objectif : atteindre 14 millions de prises raccordables d’ici 2012.

Quant aux menaces de Bouygues Telecom de saisir le Conseil d’Etat pour contester le cadre réglementaire mis en place, elles n’émeuvent pas l’opérateur. « L’accord a été validé par l’Autorité de la concurrence et par la Commission européenne, il est donc bien pro-concurrentiel. Il n’a donc pas vocation à être attaqué », explique le dg.

Dans les zones moins denses, Free est évidemment moins pressé et met en avant des expérimentations en cours avec les opérateurs concurrents… « le co-investissement sera obligatoire car l’espace économique n’existe pas. Il faudra concilier volonté politique et réalité du marché, cela ne se fera pas comme ça ».

-Free Mobile : « Nous sommes convaincus de notre succès »

Première information, et de taille, Free confirme le lancement des premières offres Free Mobile début 2012. « Notre projet est prometteur et il profitera de la nouvelle baisse du prix de gros des appels même si on peut aller encore plus loin », avance Maxime Lombardini.

Sur le contenu des offres, l’opérateur est néanmoins resté discret : « Il y aura des synergies avec l’ADSL et notre réseau Free WiFi. Le réseau sera prêt pour la 4G (LTE) et sera orienté applications. Quant au quadriplay, il n’a de sens que si il apporte une véritable valeur ajoutée au consommateur. Mais une chose est sûre, nous ne serons pas un nouvel entrant comme les autres ».

Techniquement parlant, Free Mobile affirme avoir choisi ses équipementiers et avoir commencer à passer de nombreux accords avec les bailleurs de points hauts pour l’installation de ses antennes.

Le groupe confirme que l’objectif de 27% de couverture 3G, soit 2000 sites,  passera par des accords de roaming avec les opérateurs en place (« les discussions sont avancées ») mais il ne créera pas un MVNO en attendant d’être indépendant en termes de réseau.

« Devenir MVNO implique une marge de manoeuvre très limitée et nous voulons bousculer le marché », souligne Maxime Lombardini.

Interrogé sur l’ouverture éventuelle de boutiques pour vendre du mobile, Xavier Niel, fondateur de Free, a répété ce que l’on savait déjà : « nous réfléchissons à la question, si on peut s’en passer, on fera sans mais nous sommes capables de déployer rapidement un réseau de distribution en dur ».

Free investira cette année 200 millions d’euros dans le mobile mais comme dans la fibre, ses projets seront totalement autofinancés. « Il n’y aura pas de recours à la dette », précise le directeur financier du groupe.

-Les offres, les services

Le FAI a confirmé l’échec relatif de l’offre Alice à 19,90 euros par mois qui il est vrai, est loin d’être disponible partout. « Elle attire quelques centaines de clients par mois », précise Xavier Niel.

Les freenautes vont également avoir accès à une nouvelle plate-forme de télévision de rattrapage en partie gratuite avec TF1 et M6. Les discussions avec France Télévisions sont en cours.

-Les procédures des associations de consommateurs : « leur acharnement va provoquer une hausse des prix »

Il y a quelques semaines, l’UFC Que Choisir ? a lancé une énième procédure contre le FAI pour « pratiques déloyales et illicites » envers ses abonnés. Un référé qui a le don d’agacer Xavier Niel.

« C’est un peu de l’acharnement contre nous. Surtout, nous avons eu toujours moins de clauses abusives que la concurrence. Ils dénoncent par exemple le fait que nous évitons d’envoyer des factures en papier, je ne suis pas sûr que ce problème soit central. Ils continuent à nous taper dessus mais au final, leur stratégie va se retourner contre le consommateur. Leur acharnement va provoquer une hausse des prix du triple-play ». Une vision étonnante à vérifier…