Les fondements des nouvelles interfaces utilisateur de Microsoft

17 mars 2010

Le moins que l’on puisse dire est que ni l’ergonomie, ni le design de l’interface utilisateur n’ont constitué jusqu’ici les points forts de Microsoft.

Si l’on compare par exemple l’interface de Windows 1.0 à celle du Macintosh lors de leurs lancements (respectivement 1985 et 1984) on mesure la distance qui séparait à l’origine ces deux systèmes, écart qui m’avait frappé à l’époque ayant eu l’opportunité de pratiquer ces deux OS.

Pendant longtemps, disons une vingtaine d’années, Mac OS a clairement bénéficié d’un avantage très clair dans ce domaine, Microsoft ne ressentant pas le besoin de peaufiner l’expérience utilisateur de Windows compte tenu du modeste succès d’Apple sur le marché.

Les choses ont commencé à évoluer avec Vista et bien sûr avec Windows 7 et je considère aujourd’hui que Mac OS et Windows sont grosso modo sur un pied d’égalité dans ce domaine, même s’il ne manquera pas de puristes d’un camp comme de l’autre pour prendre vigoureusement parti sur ce sujet.

Si les deux firmes sont devenues relativement proches en ce qui concerne l’interface de leurs PC, elles ont clairement divergé dans le domaine des équipements portables, en particulier dans celui du mobile.

Le pari d’Apple

Là où Microsoft s’est contenté de réutiliser l’interface de Windows pour équiper ses premiers PDA, puis pour habiller Windows Mobile, Apple s’est démarqué avec l’iPhone en introduisant une nouvelle interface, intuitive, adaptée au mobile et qui a constitué un des facteurs clés du succès de cette machine.

Avec l’arrivée de l’iPhone en 2007, les choix de Microsoft qui avaient semblé jusqu’alors raisonnables, à défaut d’être excitants, prenaient soudainement un sérieux coup de vieux.

Apple avait pris le risque d’innover et ce choix devait s’avérait payant si l’on en juge par l’engouement suscité par l’iPhone et le déclin correspondant de Windows Mobile.

Cette débâcle de Microsoft sur le terrain du mobile était-elle pour autant une preuve supplémentaire de l’incapacité congénitale de Microsoft à innover ? C’est ce qu’on écrit un nombre impressionnant de commentateurs … et c’est devenu en effet un lieu commun jusqu’à ce 16 février 2010 ou Microsoft devait annoncer Windows Phone Series 7.

La surprise Windows Phone 7

La surprise de cette annonce est venue de la qualité de l’interface utilisateur. Non seulement Windows Phone 7 se démarquait complétement des précédentes versions de Windows Mobile mais il innovait sur bien des plans en comparaison de l’iPhone.

Là où l’interface de Windows Phone 7 se démarque de celle d’Apple, comme de tous les autres systèmes pour mobile Android compris, c’est dans l’intégration de différentes activités autour de ce que Microsoft Corp appelle un « hub » et Microsoft France un « univers ».

La gestion des contacts par exemple est incluse dans l’univers « People ».

Celui-ci ne se cantonne pas à la gestion des contacts enregistrés sur le mobile, il intègre également ceux de vos amis Facebook, des contacts Hotmail, Exchange, Gmail… Les mises à jour des contacts de ces différents réseaux étant automatiquement réalisées par Windows Phone 7.

A titre de comparaison, sur l’iPhone (ou Android, RIM, …), il serait nécessaire d’utiliser autant d’applications distinctes que de réseaux différents.

L’autre élément essentiel de l’interface de Windows Phone 7 réside dans le concept de « Panorama »