Le départ de Google de la Chine serait programmé au 10 avril

19 mars 2010

Selon un journal chinois, les modalités du retrait de Google de Chine pourraient être détaillés le 22 mars prochain. Dernier coup de bluff ?

L’arrêt des activités de Google en Chine semble de plus en plus crédible. Un journal chinois a en effet annoncé ce vendredi que le géant américain cesserait ses opérations dans le pays le 10 avril prochain.

Toujours selon le China Business News (CBN), qui cite un salarié anonyme du moteur, Google pourrait détailler les modalités de son retrait, notamment les dispositions pour son personnel en Chine, dès lundi prochain (le 22 mars).

CBN s’appuie aussi sur les propos d’un responsable non nommé d’une agence de publicité travaillant avec Google: « Nous avons appris que Google quitterait la Chine le 10 avril, mais Google n’a pas confirmé l’information pour le moment », a dit cette source.

Départ sûr à 99%

Marsha Wang, porte-parole de Google Chine, a refusé de commenter cet article, affirmant à l’AFP ne pas avoir plus d’informations sur la situation de l’entreprise.

Rappelons que le Financial Times a pour sa part récemment indiqué, sans citer sa source, que l’américain était désormais certain à « 99,9% » d’abandonner google.cn, selon une source « familière avec la façon de penser de la compagnie ».

En janvier dernier, le groupe de Mountain View opérait un virage à 180 degrés en affirmant ne plus vouloir jouer le jeu de Pékin en censurant dans son moteur les résultats dits « sensibles » car contraire à la ligne officielle du parti communiste chinois.

Cette décision trouve également sa source après que Google ait été victime d’attaques informatiques massives, provenant selon lui de Chine. Attaques qui étaient destinées à accéder aux comptes Gmail de militants chinois des droits de l’homme. Une surveillance qui s’est aussi portée sur des personnes vivant aux Etats-Unis et en Europe qui soutiennent ces activistes.

Il y a quelques jours, le ministre chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information avait clairement mis le géant américain face à ses responsabilités. « Nous soutenons l’expansion de (Google) en Chine », a dit Li Yizhong, en marge de la réunion du parlement à Pékin. « Mais s’il viole les lois chinoises, ce sera inamical et irresponsable et (Google) sera vraiment responsable des conséquences », a-t-il ajouté.

Si Google « décide de rester en Chine, nous accueillerons (cette décision) et cela bénéficiera au développement de l’internet en Chine », a commenté M. Li. « Mais s’il décide de partir, le marché de l’internet en Chine va continuer de se développer rapidement et l’impact ne sera pas trop grand », a-t-il ajouté. Le message a le mérite d’être clair.

Google peut-il se passer du premier marché mondial en termes d’internautes (384 millions) ? Difficile à dire. Si son moteur est loin derrière Baidu (38% contre 59% de parts de marche), Google réalise néanmoins 600 millions de dollars de chiffre d’affaires dans le pays. Et Microsoft, également en embuscade, a déclaré qu’il n’avait absolument l’intention de déserter l’Empire du Milieu.

Eric Schmidt, le patron de la firme de Mountain View a réaffirmé il y a peu qu’il n’était pas question de quitter la Chine et fait la distinction entre les questions de censure et les autres activités.  Google pourrait donc fermer son moteur mais continuer par exemple ses activités dans la publicité.