Jeu iPhone blacklisté : peux-t-on critiquer l’App Store ?

22 mars 2010

Le jeu Zits&Giggle a été exclu de l’App Store d’Apple suite à des déclarations plutôt véhémentes de son auteur vis-à-vis de la pomme. Mais le développeur n’est pas tout blanc dans cette histoire.

L’information va apporter de l’eau au moulin aux détracteurs de la politique d’Apple en matière de choix et de validation des applications présentes dans son App Store.

On apprend en effet que le jeu Zits&Giggle a été exclu de la plate-forme de téléchargement il y a quelques jours. Pouvait-on y trouver des maillots de bain voire des femmes nues, le cauchemar d’Apple qui a récemment supprimé des milliers d’applications « inappropriées » ?

Ce bannissement serait en fait la conséquence de déclarations publiques de l’auteur du jeu, un dénommé Tommy Refenes. Lors de l’Indie Game Maker Rant de la Game Developers Conference 2010, il a ainsi affirmé avoir une « aversion pour l’App Store » (voir la vidéo).

« Affreux » et « épouvantable »

Pire, le développeur estime que l’App Store est « affreux » et « épouvantable » et considère que l’iPhoen n’est pas une bonne console de jeu, critiquant au passage les portages multiples des grands éditeurs de jeux. La firme n’aurait alors pas apprécié la critique et décidé d’exclure le programme du renégat. La pomme n’accepterait-elle pas la critique ?

L’affaire est peut-être un peu plus complexe que cela. Outre ses déclarations, Tommy Refenes s’est également musé à augmenter le prix de son application pour voir jusqu’où les gens étaient prêts à aller pour s’offrir un jeu dont le principe est de percer des boutons d’acné…

Le prix du jeu est ainsi passé en quelques jours à 15 dollars, puis 50, 299 (encore une dizaine de téléchargements !) et enfin 400 dollars, jour où Apple a décidé de sonner la fin de la récréation…

La sanction d’Apple paraît donc légitime puisqu’elle a pour objectif de protéger ses utilisateurs. Reste que certains observateurs soulignent à nouveau la rigidité de la pomme dans ses choix de validation et décisions d’interdictions.

« Peux-t-on accepter le diktat du bien pensant imposé par Apple ? Je pense que le mobile doit suivre le chemin pris par le Web, à savoir une liberté totale. Apple tente au contraire d’imposer ses vues de ce qui est bien ou pas mais ses valeurs ne sont pas partagées par tous. Les contraintes d’Apple sont issues d’une culture bien différente à la nôtre, doit-elle s’imposer aux autres ? », expliquait il y a peu Tristant Nitot, vice-président de Mozilla Europe interrogé sur la question lors de l’événement Mobile 2.0 à Paris.