Hacker Croll, le « gentil pirate » encourt deux ans de prison

27 mars 2010

Interpellé puis relâché après 24 heures de garde à vue, le jeune pirate qui a infiltré le système d’administration de Twitter se défend d’avoir agi par appât du gain ou pour nuire. Il risque deux ans de prison et 30 000 euros d’amende.

« Je suis un gentil pirate ». Cette phrase de François C., plus connu sous le nom de Hacker Croll, est reprise en boucle depuis hier par tous les médias français. Journaux télévisés, radios, quotidiens, magazines se sont emparés de l’histoire de ce jeune homme de 25 ans, un « monsieur tout le monde » qui a infiltré le site Twitter et les comptes de plusieurs célébrités dont celui du président Barack Obama.

Arrêté mardi matin au domicile de sa mère dans le Puy-de-Dôme, il a été interrogé conjointement par les policiers de l’OCCLTIC (*) et les officiers du FBI, puis relâché après 24 heures de garde à vue.

Depuis, le jeune homme répond aux sollicitations de la presse pour défendre sa cause et répéter qu’il n’a pas voulu nuire mais simplement « prévenir, montrer les failles du système ». Il se présente comme un passionné qui passe « beaucoup de temps, l’après-midi et le soir, plus de dix heures par jour, sur Internet ».

Auteur d’escroqueries sur internet

Il n’a effectivement pas utilisé d’outils ni de méthode de piratage sophistiqués pour obtenir les codes d’accès du système d’administration de Twitter. Il s’est contenté d’écumer la Toile à la recherche d’informations sur des employés de Twitter (date de naissance, adresse…) afin de pouvoir répondre aux questions secrètes de leurs webmails en cas de perte du mot de passe. Une fois ces mots de passe récupérés, il a pu tranquillement fouiller les messageries et découvrir des codes d’accès au système d’administration du site.

Selon le procureur de la République cité par Ouest France, « ce n’est pas un hacker au sens propre, il est entré dans une maison dont la porte est restée ouverte ».

Reste que l’AFP rappelle que ce « gentil hacker » a déjà commis des escroqueries sur Internet qui lui auraient rapporté 15 000 euros. Il est convoqué devant le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand le 24 juin et risque 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende. (Eureka Presse)