Archive pour la catégorie ‘F.A.I’

Orange va diffuser des matchs de Roland Garros en 3D

Mardi 18 mai 2010

A compter du 23 mai, Orange va proposer des matchs de Roland Garros en 3D et prévoit deux nouveaux programmes par mois. Un service gratuit pour les abonnés à la TV par ADSL qui devront toutefois bénéficier d’un débit minium de 8 Mbit/s.

Avant même qu’elle ne soit popularisée et que les grandes chaînes l’aient adoptée, la télévision en 3D arrive sur l’ADSL. Une initiative inédite signée Orange qui inaugurera ce nouveau service avec le tournoi de tennis de Roland Garros du 23 mai au 6 juin sur une cinquantaine de matchs.

L’offre sera gratuite pour tous les abonnés à la TV par ADSL. Ils devront disposer d’un téléviseur et des lunettes compatibles, et, surtout, bénéficier d’une très bonne connexion d’au moins 8 Mbit/s. Ce qui signifie que les clients les plus éloignés du noeud de raccordement ont peu de chance de pouvoir en profiter.

Pour le moment, Orange n’entend pas créer une chaîne 3D à part entière, l’offre de contenus étant encore embryonnaire. Dans un premier temps, au moins deux événements sportifs et des spectacles seront diffusés chaque mois et disponibles en boucle.

Une nouvelle chaîne en 3D lancée par Canal +

« La chaîne diffusera des matchs de Roland Garros en 3D, y compris ceux des années passées, puis des concerts, des combats de boxe, le contenu s’enrichira progressivement et on achètera aussi des films en 3D », explique Hervé Payan, directeur des contenus d’Orange. L’effet Coupe du monde devrait également jouer un rôle moteur ; TF1 a prévu de diffuser plusieurs matchs en 3D. Et Canal + compte lancer une chaîne 3D d’ici la fin de l’année.

Enfin autre expérience dans ce domaine : selon HDfocus, M6 va filmer le prochain prime time de son émission La nouvelle Star en 3D, sans qu’il soit pour l’instant question de la diffuser.

Remise en cause de la TVA à 5,5% sur les FAI : une hausse de l’abonnement inévitable ?

Lundi 26 avril 2010

Après avoir critiqué la taxe fixée par Nicolas Sarkozy pour financer l’audiovisuel public, Bruxelles dénonce la TVA réduite appliquée sur 50% de l’abonnement ADSL et qui ne respecterait pas les règles européennes.

D’après une information de La Tribune, Bruxelles contesterait à la France le droit d’appliquer une fiscalité spécifique sur l’abonnement à Internet. Selon le journal, le commissaire européen chargé de la fiscalité, Algirdas Semeta, a adressé un courrier à la France exigeant d’elle qu’elle mette fin à ce régime fiscal avantageux pour les FAI.

Pour rappel, les abonnements à Internet sont soumis à des règles particulières en matière de calcul de la TVA. Ainsi 50% du montant de l’abonnement est soumis à un taux de 19,6%, l’autre part étant elle assujettie à une TVA à taux réduit (5,5%).

Le taux réduit ne devait concerner que la TV sur ADSL

En échange de cet avantage, les FAI acceptaient de payer une taxe (le Cosip est appliqué sur la part de l’abonnement soumis à la TVA réduite) afin de contribuer au financement de l’audiovisuel. Grâce à ce découpage de l’abonnement, les FAI économisent environ 200 millions d’euros par an. Un avantage auquel il faut toutefois déduire les 100 millions d’euros versés au titre de la taxe Cosip.

Du côté des fournisseurs d’accès et des acteurs de l’audiovisuel, on s’inquiète donc de la possible remise en cause de ce système fiscal. Selon la Commission européenne, saisie d’une plainte d’un particulier, le régime français viole sept articles de la directive sur la TVA.

Premier reproche, la TVA à taux réduit était prévue initialement pour tenir compte du service de télévision sur Internet lancé par les FAI. La télévision traditionnelle bénéficie d’une TVA à 5,5%. Les FAI souhaitaient donc profiter, pour la TV sur ADSL, d’un taux équivalent.

Pour leur service télé, les FAI paient une taxe, le Cosip

Bruxelles ne conteste pas ce droit, mais le fait que les FAI appliquent cette ristourne à pratiquement l’intégralité des abonnements « y compris dans les cas où les FAI savent pertinemment que la télévision n’est pas susceptible d’être utilisée par l’abonné » dénonce le commissaire européen dans La Tribune.

En clair, même si elles ne délivrent pas le service de TV sur ADSL aux clients (impossibilité technique par exemple), les entreprises appliquent néanmoins une TVA à taux réduit. Par conséquent, l’Internet et le téléphone, compris dans l’abonnement ADSL, profitent eux aussi du taux à 5,5%. Or une directive européenne stipule que la TVA réduite ne peut en aucun cas concerner les « services fournis par voie électronique ».

Le commissaire, Algirdas Semeta, écrit donc dans sa lettre qu’un seul « taux de TVA devrait être appliqué. Ce taux serait en principe le taux normal, sauf s’il est établi que la TV constitue la prestation principale » du forfait triple play.

Si le taux réduit était remis en cause, les FAI pourraient contester le paiement de la taxe Cosip, fruit d’un compromis. D’autant, que ces acteurs estiment être déjà trop taxés par l’Etat (depuis 2009, ils paient aussi 0,9% de leur chiffre d’affaires pour financer la fin de la publicité sur France Télévision). En outre, un récent rapport remis au gouvernement suggérait, pour financer la fiction française, d’élargir l’assiette du cosip.

La France, qui souhaitait élargir l’assiette de la taxe, est dans l’embarras

Début avril, Les Echos révélait que l’Elysée planchait sur la modification de l’assiette de la TVA payée par les opérateurs. La partie à 19,6% qui s’applique à 50% de leurs revenus pourrait désormais concerner 55% de leur chiffre d’affaires. Cette modification permettrait de récolter 60 à 80 millions d’euros par an, somme qui servirait à financer une partie de la carte musique jeunes.

Sans pour le moment menacer de répercuter cette hausse sur le prix de l’abonnement, les FAI ne font pas mystère de leur hostilité comme en témoignent les récentes déclarations de la Fédération Française des Télécoms.

« L’extension de l’assiette entraînerait une nouvelle charge considérable pour les opérateurs alors même qu’ils sont déjà lourdement taxés et dans le même temps, de manière très paradoxale, poussés à investir dans les infrastructures haut et très haut débit, fixe et mobile. Le cumul des effets de cette nouvelle taxation réduira mécaniquement à néant en quelques années les bénéfices du Grand Emprunt pour le numérique, en particulier pour le déploiement de la fibre, en réduisant d’autant les capacités d’investissements des opérateurs dans la création et dans les infrastructures »

SFR libère le code source de sa NeufBox

Samedi 24 avril 2010

Le fournisseur d’accès Internet vient de rendre public le firmware de sa NeufBox. Le routeur ADSL devient ainsi modifiable par la communauté. Une pique de plus envers Free…

SFR poursuit sa marche vers le monde du libre. Comme l’a remarqué le site OpenBox, le développeur de la NeufBox 4, Efixo, a mis en ligne un dépôt contenant le code source de son firmware.

Néanmoins SFR a uniquement libéré le firmware du routeur et non celui de son boîtier TV, bientôt remplacé par un modèle orienté multimédia.

SFR plus libre que Free ?

Rappelons que la licence libre GPL utilisée dans la plupart des routeurs ADSL actuels exige que le code source soit redistribué et modifiable. Le fournisseur d’accès est en fait déjà en conformité depuis la diffusion en 2007 d’une portion de son code source, visualisable mais non-modifiable.

La grande différence aujourd’hui est que la totalité du code diffusé est modifiable et compilable. Il est donc maintenant exploitable par l’initiative OpenWrt, qui crée des firmwares alternatifs à partir des codes sources libérés. SFR permet donc à la communauté d’ajouter eux-mêmes des nouvelles fonctions pour sa Box, de son plein gré.

Une manière d’attaquer un peu plus la politique de Free. Ancien grand ami du monde libre, le fournisseur d’accès est depuis 2008 en procès avec des développeurs pour violation de la licence GPL dans ses Freebox.

Par le passé, la plupart des FAI français ont déjà diffusé leurs firmwares de façon similaire. Les codes sources de toutes les Livebox sont ainsi disponibles en ligne. Une partie de celui des Freebox a également été libéré par un ingénieur de Free, peu avant leurs déboires judiciaires.

SFR a donc parfaitement choisi son moment pour une action qui est somme toute dans la lignée des initiatives déjà prises dans le domaine.

Des clients non dégroupés de Free se plaignent du bridage décidé par le FAI

Lundi 12 avril 2010

Depuis le 5 avril, plusieurs clients non dégroupés de Free se plaignent des restrictions mises en place par le FAI sur son réseau et qui rendent délicate, voire impossible, l’utilisation de certaines applications comme la VoIP ou le P2P.

VoIP, P2P, jeux en réseau et SSH ne sont pas les bienvenus

Le site Freenews se fait notamment l’écho du bridage opéré par Free sur certains ports et protocoles sur des plages horaires définies. Les messages indignés de freenautes sur différents forums d’utilisateurs, comme celui de l’ADUF et grenouille.com, confirment l’information.

D’après ces témoignages, ce sont les ports « non-standards » (hors port 80) qui sont les premiers impactés. Pour les clients de Free, cela se traduit par de sérieuses difficultés dans l’utilisation d’applications de types jeux en ligne (comme World of Warcraft), SSH, VoIP et P2P. La lecture de vidéos en streaming serait également concernée.

Si pour certains freenautes, le bridage du réseau intervient dès 10 heures du matin, il est le plus handicapant entre 18h et minuit, c’est-à-dire aux heures de pointe. Selon le site Freenews, ces règles de gestion du réseau seraient la réponse de Free à une saturation de son réseau.

Malgré les questions adressées au support de Free par les internautes, le FAI n’a toujours pas apporté de réponse officielle. En plein débat sur la neutralité du Net, sur lequel le PDG de Free s’est récemment exprimé à la demande de l’Arcep, ces restrictions ne passent pas inaperçues.

Orange redore l’image de ses cabines téléphoniques en pariant sur Internet et le multimédia

Samedi 10 avril 2010

Avec une utilisation en chute libre, la cabine téléphonique doit changer. Orange a donc présenté ce vendredi sa remplaçante, connectée à Internet et géolocalisée. Tour d’horizon.

C’est en partenariat avec JCDecaux, spécialiste du mobilier urbain, et le laboratoire Paris Innovation qu’Orange a dévoilé sa cabine téléphonique du futur à Paris, sur les Champs Elysées. Connexion Internet, VoIP, géolocalisation et portail de services, les nouveautés ne manquent pas.

Il faut dire qu’avec une utilisation en baisse de 25% chaque année et des suppressions régulières, la mise à jour s’imposait. Autant pour les cabines elles-mêmes que pour l’image d’Orange pris à défaut sur le service universel.

Des nouveautés en nombre

Avec un design ouvert au quatre vents, l’intimité des communications pose question. Finie la cabine exigüe, place à deux parois de verre légères qui laissent entrer plus de lumière. Quid également de la prévention des dégradations du matériel lui-même, qui ont fait tant de tort à leurs prédécesseurs ?

La nouvelle cabine se présente sous la forme d’une borne tactile (sous Windows et IE7, écran de 17 pouces) accompagnée d’un combiné. La voix comme les données sont désormais transmises par ADSL.

La navigation sur Internet se limite à la consultation d’emails (huit services actuellement), la recherche de services publics, de santé et de commerces à proximité et le surf sur des sites sélectionnés. Des sites à l’interface remaniée pour être utilisables au doigt. Tout passe donc par le portail de l’opérateur, appels compris.

Le prix des communications ne changera pas (par rapport aux cabines d’ancienne génération) et, sur les six prochains mois, la consultation Internet sera gratuite, mais limitée à 10 minutes par session.

A travers 118 712 d’Orange, les utilisateurs ont accès aux annuaires des particuliers et professionnels. Local Search (également d’Orange), lui, permet la localisation de la borne et des services à proximité, y compris commerces, hôtels et restaurants contactables directement. De quoi mettre en avant le savoir faire de l’opérateur.

L’affichage de la position et le calcul des trajets sont eux fournis par Bing de Microsoft. Un choix étrange quand l’Institut Géographique National (IGN) propose le même type de services. Autre innovation, les sociétés motivées pourront développer leurs propres services pour le terminal.

A modernisme, nouveaux moyens de paiement. En plus des pièces et télécartes, les cabines accepteront dès juillet les cartes de crédit et, plus tard, le paiement via Paypal. Elles seront aussi compatibles avec le service « Internet + » d’Orange, traduit par le report des communications sur la facture Internet de l’usager. De quoi passer quelques heures au téléphone.

Trop complexe pour les novices

Bref, tout ceci ressemble fort à l’ergonomie d’un smartphone. D’ailleurs, Delphine Ernotte, directrice exécutive d’Orange, l’a rappelé, « 30% des téléphones portables aujourd’hui sont des smartphones ». C’est donc sans surprise que les nouveaux terminaux s’en inspirent.

L’interopérabilité avec les terminaux mobiles est d’ailleurs envisagée. Par exemple, en lisant un « barcode » affiché sur la cabine avec la caméra de son appareil, le passant peut accéder sur son mobile aux services Internet de consultation et localisation. Autre option à l’étude, les trajets calculés sur la borne pourraient être transférés vers le téléphone.

Mais demande-t-on autant de services à une simple cabine téléphonique ? Passée la présentation, les premiers utilisateurs se sont frottés à la nouvelle interface. Avec eux les premiers accrocs, notamment sur la méthode d’appel, mal comprise des personnes peu habituées aux téléphones portables….

L’arrivée de la publicité localisée ?

Orange est resté très discret sur les revenus publicitaires qui pourraient être générés par cette cabine (physiquement et sur l’écran). Les acteurs se refusent à tout commentaire sur la mise en place, le coût, les revenus et leur répartition au moment du déploiement. « Plus tard », répond-on.

Pour Jean-Louis Missika, adjoint au maire de Paris, la nouvelle cabine « n’est pas un support de pub ». Un voeu qu’Orange ne semble pas partager. Si la cabine ne contient pour l’instant aucune réclame, le site Internet dédié affiche en permanence un encart publicitaire.

Gérée par la régie de l’opérateur, la publicité affiche pour l’instant quelques sites Internet, à l’instar d’eBay. A terme, si elle est maintenue, l’offre pourrait être localisée en fonction de l’emplacement de la cabine, en proposant donc aux commerçants alentours de payer pour être mis en avant. Quand le service public rencontre le pragmatisme économique.

De façon même plus large, Orange étudie toujours la question d’une inscription payante à l’annuaire de services des bornes.

Un enjeu majeur pour Orange

Le lancement de ces nouvelles cabines est aussi une question d’image. En conviant la plupart des grands journaux et radios à l’évènement, Orange minimise la baisse d’utilisation des cabines et rappelle que la France est l’un des pays d’Europe les mieux dotés en publiphones, à raison d’une pour 400 habitants.

Avec ce rajeunissement, le groupe vise en priorité « les touristes, étudiants et populations défavorisées ». Les utilisations en seront donc diverses, menant les responsables du portail à en proposer plusieurs versions selon le lieu d’implantation après retours d’expérience.

La partie Internet du service pour l’instant limitée à quelques sites, sera dans le futur ouverte à un panel plus large, régulé par un contrôle parental.

Débutant une phase d’expérimentation de 6 mois, la société installera douze cabines dans différents quartiers de Paris courant avril, les deux premières sur les Champs-Elysées.